On ne voyait que le bonheur

Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.

Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l’appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu’on fait, l’envie de changer le monde.

Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies.

Combien valurent les nôtres ?

À force d’estimer, d’indemniser la vie des autres, un assureur va s’intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique.

Je ne sais pas quoi lire. J’ai entamé « les yeux de l’Asie » de Jack London, mon auteur fétiche, mais je n’ai pas envie de prolonger dans l’instant cette lecture. Le fait que l’édition 10/18 date de 1977 me rebute, sans doute. La traduction, peut-être…
Bref !

J’ouvre ma liseuse et je tombe sur la couverture « on ne voyait que le bonheur » de Grégoire Delacourt, auteur inconnu pour moi. Je commence à savourer les mots et je sens que ce livre va me plaire. Quand j’apprécie une lecture, je ne le dévore pas je le déguste un peu chaque jour pour que le plaisir de lecture dure, car je sais bien que la fin sera terrible, car il va me falloir trouver une lecture tout autant voir plus savoureux.

Et là, je dois dire que je me suis régalée. Quel rythme ! L’auteur nous amène au fil des pages à être de plus en plus présent dans le roman. Il nous tient en haleine. Et quand le coup part, c’est l’explosion, car rien ne pouvait réellement nous préparer à cette histoire. Ou alors, je ne pouvais l’envisager. J’aime l’habileté de Grégoire Delacourt à nous transporter dans le contexte de l’histoire et par là même habiter chaque personnage. Ainsi, je comprends mieux comment la toile familiale s’est construite, puis tendue jusqu’à la rupture pour enfin renaitre.

Je trouve ce livre magnifique. Il nous apprend à ne pas être dans le jugement de la personne quand l’acte dépasse notre pensée.

Claudia

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2 réflexions sur “On ne voyait que le bonheur

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