Pierre Rabhi, le paysan pas vraiment sage.

Quelle sagesse, penserons certains et pourtant attendez la suite.

 « TERRE ET HUMANISME  » : 

VISITE CHEZ DES AGROECOLOGUES ARDECHOIS …

L’article est un peu long, mais très instructif sur la réalité de l’eldorado promis par Pierre Rabhi.

Voici la conclusion:

Ce sont manifestement l’amateurisme et l’idéologie qui prévalent en ces lieux, avec une petite touche de croyances ésotériques pour finir de décrédibiliser l’entreprise.
Dans la présentation initiale qui nous a été faite par le chargé de communication, la ferme agroécologique se présentait comme étant à la fois un lieu de production et d’expérimentation :

    En termes de production, le résultat nous a semblé plutôt désastreux. Au point que la présentation initiale , qui évoquait le rapport De Schutter18 et la possibilité de nourrir la planète avec les méthodes de l’agroécologie, nous est apparue rétrospectivement d’une prétention frisant l’indécence.

    En termes d’expérimentation, le résultat est là aussi confondant, voire désarmant, puisque les animateurs n’ont tout simplement aucune notion de la moindre procédure expérimentale rigoureuse qui leur permettrait de valider quelque expérimentation que ce soit.
    Après avoir constaté sur place la réalité de la situation, on en est que d’autant plus sidérés de retrouver en ligne sur le site de l’Express une interview du « directeur » de Terre et Humanisme, qui ose prétendre que « nous avons de bons résultats avec nos potagers. » ,et que « les agricultures bio et biodynamique donnent de meilleurs résultats que l’agriculture conventionnelle. »
    Au Mas de Beaulieu, l’ image donnée est celle d’une aspiration à l’autosuffisance alimentaire, avec même l’ambition de nourrir la planète avec ces méthodes. En réalité, il n’en est rien, et le centre expérimental n’arrive à afficher ses très maigres résultats que sur la base d’un apport massif d’aide extérieure, que ce soit sous forme d’argent [stagiaires, donateurs, souscripteurs], de recours systématique et généralisé à du travail gratuit, et d’intrants venus de l’extérieur. Ces derniers sont soit achetés avec les deniers des donateurs  — en ce qui concerne la fameuse paille, omniprésente et le terreau de semis pour préparer tous les jeunes plants qu’ils utilisent dans les jardins, mais aussi qu’ils vendent —, soit offerts par d’autres agriculteurs – en ce qui concerne le fumier-. Avant de nourrir la planète, il faudrait donc que Terre et Humanisme soit déjà un minimum capable de se nourrir par elle-même avec ses propres efforts, ce qui est très très loin d’être le cas.

Par contre le Mas de Beaulieu est assez rationnel si l’on considère qu’il n’est pas une « ferme », mais un outil de communication. Il faut le considérer comme une vitrine de l’association. S’il était bien agencé, si en 10 ans T&H en avait fait un terrain d’expérience agronomique cohérent avec les contraintes que cela implique, ils perdraient certainement leur fond de commerce et leurs bénévoles.
Or, là, le Mas représente exactement ce que le « curieux » vient chercher. Une pseudo modernité (écolo-filtration et récupération d’eau…), et la nature dans un bordel bien organisé…. enfin, « bien » n’est pas le bon mot ! Et en plus, on peut y voir ou faire des expériences.
Si l’on prend « expérience» dans le sens de ce qu’un gamin expérimente en salle de classe, et si « production » veut dire que les graines germées ont fait des pousses.

Mais tout cela est-il bien grave, après tout ?

Absolument pas, tant que l’on est simplement face à des jardiniers amateurs qui vivent de l’aide des autres et font des expérimentations sans méthode qu’ils présentent à des convaincus d’avance ravis de voir leurs préjugés apparaître comme confirmés. Que, en captant au passage des énergies cosmiques aqueuses concentrées dans un un estomac de cerf rempli de fumier, Terre et Humanisme joue avec un hectare de terrain comme des enfants jouent avec un bac à sable, subventionné un peu par l’ADEME et le Conseil Général,cela ne regarde que Terre et Humanisme et ceux qui décident de leur fournir du travail et de l’argent.

Là où notre sympathie envers des gens que nous avons trouvés de compagnie agréable trouve ses limites, c’est lorsque deux lignes rouges sont franchies :

    Lorsque, comme l’indique l’article de Bastamag, Terre et Humanisme affirme intervenir dans des lycées agricoles de la région, c’est à dire dans des établissements laïcs où sont normalement enseignés des savoirs validés selon une démarche scientifique. Là, on ne rigole plus, et on est plutôt scandalisé de l’apprendre… à condition que ce soit avéré. En effet, le site Internet de l’association, lorsqu’il évoque ses activités, ne mentionne pas ces interventions en milieu scolaire. Nous avons oublié de poser la question sur place, mais le jour même nous avons téléphoné puis écrit à l’association afin de savoir quel lycée avait été le théâtre de quelle intervention. En l’absence de réponse à ce jour, malgré  nos relances, on ne peut donc pas exclure qu’il s’agisse d’une autre information bidon relayée par Bastamag.
    Surtout, lorsque Terre et Humanisme explique que les méthodes agroécologiques qu’elle promeut sont capables de nourrir 9 milliards d’habitants au XXIe siècle, et quand elle prétend, dans une sorte d’ écolo-ethnocentrisme candide, aller dans d’autres endroits du monde expliquer aux paysans comment il faut s’y prendre chez eux pour assurer leur subsistance (alors que les « formateurs » ne sont déjà pas capables de le faire pour eux), nous sommes plutôt gagnés par une forme de colère. Parce que les paysans du Mali ou du Cameroun, eux, n’ont pas des donateurs croyants pour les soutenir financièrement ou pour leur fournir des centaines d’heures de travail gratuit, et ils ont plutôt besoin d’avoir accès à des intrants comme des pesticides ou des engrais chimiques, et surtout à un large développement de la mécanisation, afin de sortir du schéma de l’agriculture d’autosubsistance qui fait que la majorité des gens qui souffrent de faim sur cette planète sont paradoxalement des paysans, à qui le système économique refuse les moyens de sortir de la pauvreté.

Pendant ce temps, Terre et Humanisme théorise (sans conséquence pour elle, puisqu’elle vit sous perfusion) le refus de ces mêmes moyens et prétend exporter sa propre incapacité.
C’est cela qui nous semble insupportable.

Lien de la suite de cet article

Merci zoé pour ta réactivité 🙂

Claudia

 

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5 réflexions sur “Pierre Rabhi, le paysan pas vraiment sage.

  1. Je viens de lire le lien de Zoé ! ça fait peur tous ces liens des gens avec des idées politiques, comme quoi il faut se méfier sans se recroqueviller sur soi-même. merci pour ces éclaircissements.

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  2. Moi aussi j’ai longtemps voulu croire que c’étaient des méchantes langues et comme toi j’avais vu cette conférence , Mais il y a trop de convergences maintenant pour penser que ce n’est pas fondé . Dommage!

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    • Zoé, comme toi, j’avais lu cette info, mais je pensais sans doute naïvement qu’il y a des détracteurs partout et je n’ai pas voulu en tenir compte. Surtout que j’ai vu Pierre Rabhi en compagnie de Matthieu Ricard et de boris cyrulnik, deux scientifiques. Malheureusement, je pense que nous sommes bernés par le mythe Pierre Rabhi. En voici la preuve !

      Je change donc le contenu de mon article. Merci Zoé, pour cette alarme !
      Bise

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