Un bio de moins en moins bio !

sheep-161389_1280

La production bio n’est plus une niche réservée aux marchés paysans et aux boutiques spécialisées, elle est maintenant intégrée au marché de masse de la moyenne et de la grande distribution.

L’agriculture biologique intéresse parce qu’elle est rentable. La grande distribution s’est lancée dans le bio pour des raisons purement commerciales. Fortes d’un argument marketing de choix, « démocratiser le bio », les grandes compagnes publicitaires ont fleuri et proposent des bas prix et de grandes quantités de produits.

Nous sommes passés à une agriculture bio intensive importée massivement (50% des produits vendus dans les rayons).

la règlementation européenne* se réduit à un ensemble de critères n’imposant aucune limite à l’agriculture intensive.

Le label officiel français du bio (label Agriculture biologique, « AB ») répond au cahier des charges européens de l’agriculture biologique : les pesticides et les engrais chimiques de synthèse sont interdits. La mixité des productions bio et non bio (dans une même exploitation) est acceptée. Les produits transformés contiennent au moins 95% d’ingrédients bio. Une contamination par OGM à hauteur de 0,9% des produits transformés est tolérée.

Le consommateur est berné ! Au-delà des fraudes qui peuvent exister, la vraie menace est une entourloupe parfaitement légale : le bio industriel.

Les groupes industriels rachètent les enseignes du bio :

  • Casino, par l’intermédiaire de sa filiale Monoprix, rachète l’enseigne Naturalia ;
  • Danone rachète Stonyfield (2009), le spécialiste du yaourt bio américain ;
  • les marques Bonneterre, Bjorg, Evernat, Allos, Tartex, AlterEco appartiennent à un des plus grands groupes européens de l’agroalimentaire (Royal Wessanen) ;
  • Lima et Danival rachetés par le groupe Hain Celestial.
  • 95% des légumes bios sont issus des semences de variétés hybrides (F1), c’est-à-dire fournies par Monsanto, Bayer et Syngenta, les trois grands groupes de la chimie mondiale ;
  • les semenciers européens ont privatisé la couleur des tomates… Tout est brevetable, et donc payant : au-delà du contrôle du vivant par deux ou trois grands groupes, c’est aussi tous les petits producteurs qui risquent de disparaître.

Le commerce équitable n’est pas si équitable que ça :

  • si les petits producteurs voient s’améliorer leurs conditions de vie, on oublie de dire qu’ils ont souvent des ouvriers qui continuent de vivre, eux, dans la misère ;
  • pour certains produits comme la banane, l’organisation donne son label à de grands propriétaires terriens qui s’enrichissent grâce au système des prix garantis ;
  • rien n’encadre les marges de la distribution dans le cahier des charges de Max Havelaar : les intermédiaires ne diminuent pas leur marge parce que c’est du commerce équitable. C’est le consommateur qui paye !

Voulez-vous vraiment de ce bio au rabais ?

En France, vous disposez de nombreuses alternatives.

Il est facile de comprendre l’intérêt de consommer local et de saison, on limite le gaspillage d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre associées au transport, à l’entreposage et au chauffage des serres. Les produits de saisons répondent à des besoins physiologiques bien déterminés. Les fruits et légumes gorgés d’eau permettent de lutter contre la déshydratation en été. Leur teneur en bêta-carotène contribue aussi à protéger la peau contre les rayons du soleil. En hiver, les légumes riches en matière sèche et amidon fournissent de l’énergie pour lutter contre le froid et les maladies hivernales.

Pour éviter la grande distribution et la multiplicité des intermédiaires faisant grimper les prix, essayez les circuits courts, qui aident au maintien des petites et moyennes exploitations en France :

Sur le plan économique et social, les circuits courts favorisent la vie de quartier et la circulation de l’argent dans la communauté. Ils permettent de recréer un contact entre agriculteurs et habitants des zones urbaines et périurbaines et de soutenir les producteurs locaux. Ils offrent une transparence sur la provenance de la nourriture, les prix et leur mode de production. En France, le commerce sans intermédiaire concerne un exploitant sur cinq pour l’instant.

Intéressez-vous aux associations pour la défense des terres agricoles : il faut les préserver et alléger le parcours de l’agriculteur qui veut produire du bio. Ceci passe aussi par le développement de la biodynamique et de la préservation du savoir paysan. Terre de liens est une association qui collecte l’épargne populaire pour acheter des terres (http://www.terredeliens.org/). Kokopelli est un mouvement pour la défense des semences (https://kokopelli-semences.fr/).

Renseignez-vous auprès de votre municipalité qui sera à même de vous orienter vers les petits producteurs locaux qui font de la vente directe ou se limitent à un intermédiaire.

Bien antérieure à l’appellation de la certification bio, est née l’idée de l’agroécologie : l’idée qu’il faut renouer le lien entre l’homme et la nature.

C’est un vrai projet de société bien loin des préoccupations commerciales de l’agroalimentaire. Le bio ne peut pas se réduire à un label. Le bio ne doit pas reposer sur une approche opportuniste du marché. Il est à concevoir sur un plan environnemental, humain et sociétal. Le bio doit nourrir les populations locales au lieu d’aller alimenter la spéculation du marché international.

Les labels les plus répandus et avec des chartes différentes :

Logos bios

Bio Cohérence BC est une garantie privée (certifiée par un tiers indépendant) créée suite au règlement européen jugé trop laxiste. BC ne labellise que des produits déjà estampillés AB, mais avec des critères supplémentaires : la mixité des productions est interdite, le seuil minimum de contamination par les OGM est limité à 0,1% et l’alimentation des herbivores doit être produite à 80% sur l’exploitation. http://www.biocoherence.fr/
Demeter Demeter est une garantie privée pour les produits issus d’exploitations certifiées AB et utilisant les principes de l’agriculture biodynamique. La certification va plus loin que le label AB : les OGM sont interdits, les produits composés doivent comporter au moins 90% d’ingrédients Demeter, l’alimentation des animaux doit se faire à 2/3 avec des produits certifiés AB et 80% des aliments doivent être produits sur la ferme.
http://www.demeter.fr/
Nature et Progrès NETP est une marque attribuée à des produits 100% d’origine NETP ou BIO. Elle ne demande pas la certification AB à ses producteurs et repose sur un système participatif de garantie, animé par des producteurs et des consommateurs. NETP interdit la mixité, les traces d’OGM et l’huile de palme dans ses produits (même bio). L’alimentation des herbivores et des porcs doit être produite pour moitié sur la ferme. http://www.natureetprogres.org/
Ensemble Solidaires Garantie créée par BIOCOOP qui assure des partenariats durables entre groupements de producteurs, transformateurs et distributeurs. Produits 100% bio, pas de cultures sous serres chauffées pour les fruits et légumes, élevages sur des exploitations de tailles limitées et production de races locales, animaux nourris avec 100% d’aliments bios, produits en majorité sur l’exploitation. http://biocoop.fr/
Fairtrade
Max Havelaar
Ce label privé a été créé par l’association Max Havelaar composée majoritairement de petits producteurs. Attention, il doit côtoyer le label « AB » sur l’emballage pour garantir la double certification. Qui dit « équitable » ne veut pas forcément dire biologique. Le label garantit tout de même que les producteurs s’engagent à prendre soin de leurs ressources naturelles et qu’ils n’utilisent ni pesticides ni OGM. http://www.maxhavelaarfrance.org/
Bio Equitable Les bio BE sont issus du commerce équitable et sont certifiés AB. BE impose un engagement des importateurs sur des volumes et ce, sur une durée d’au moins 3 ans. Produits uniquement commercialisés en magasins spécialisés.
http://www.biopartenaire.com/
Bio Solidaire BS est en quelque sorte du commerce équitable nord/nord sur des produits AB. Il n’y pas de prime de développement mais plutôt un investissement de l’entreprise pour développer la filière. Le référentiel interdit le chauffage des serres et demande de respecter la saisonnalité. Il s’applique uniquement aux producteurs et opérateurs français. Produits commercialisés en magasins spécialisés. http://www.biopartenaire.com/

Pour aller plus loin

Source de cet article: Libre d’agir

Merci lolo pour cette information 🙂 Il est certain que je vais encore réduire ma consommation en grande surface ! Déjà que je n’achète plus mes fruits et légumes, ni mon pain. Je vais être encore plus vigilante.

Claudia

Publicités

6 réflexions sur “Un bio de moins en moins bio !

    • Bonjour Virginie, je vois que vous faites de la publicité pour votre activité professionnelle. Je l’accepte car je connais les vertus de l’aloe vera, mon fils en cultive et m’a initier. Néanmoins, j’espère que vous êtes sérieuse dans votre démarche, si non, je retire votre commentaire. Cordialement

      J'aime

      • Bonjour,
        Désoler si cela vous a choqué, je voulais juste promouvoir mon blog, excusez moi.
        E tout cas je suis ravie d’avoir pu me renseigner sur les différents producteurs autour de chez moi, grâce à vos liens, je viens de m’installer en Savoie et je suis heureuse de constater une belle diversité des produits.
        Cordialement

        J'aime

      • Virginie,
        Je suis méfiante, il y a tellement d’arnaques 😦 J’ai à cœur de transmettre une manne d’informations par le biais de mon blog. Et ainsi, participer au changement de comportement des visiteurs. Je vous souhaite de réussir dans votre activité 🙂

        Aimé par 1 personne

  1. Merci à toi Claudia, tu m’as ouvert les yeux sur bien des choses,quand on creuse on trouve,,et c’est pas beau,pas beau!
    Bisous😘

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s