7 neurotransmetteurs essentiels

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Voici vos 7 neurotransmetteurs essentiels

Notre cerveau les fabrique pour faciliter nos décisions, alimenter notre mémoire, régler nos humeurs, réguler nos états de veille ou de sommeil, activer ou freiner notre tube digestif…

1– La Dopamine (composé de dopa et amine) : neurotransmetteur moteur de la récompense et de la jouissance.

Les neurones qui fabriquent la dopamine sont situés dans la zone profonde de votre cerveau, responsable du contrôle des mouvements

Les patients atteints de maladie de Parkinson reçoivent donc de la dopamine dans leur traitement pour combler le déficit, et en plus d’autres substances qui inhibent sa dégradation ou celles qui agissent par l’intermédiaire de la dopamine.

« Depuis au moins 200 millions d’années, la dopamine est chez les mâles, au service de la copulation… avec libération intense de dopamine dans le noyau ”accumbens”… souvenirs de ces moments indicibles qui créent l’envie de les réitérer, élément déterminant pour la pérennité des espèces. »

J’ajoute que le phénomène de frisson que vous ressentez lors de l’écoute de musique est dû à la sécrétion de dopamine.

Pour fabriquer de la dopamine deux acides aminés essentiels (les constituants des protéines) sont nécessaires : la phénylalanine et la tyrosine. Les aliments les plus riches sont les viandes marines et blanches, l’œuf et le fromage frais.

2– L’Adrénaline ( ad renes = près du rein ) est sécrétée quand vous stressez ou quand vous vous régalez de faire du sport. Ce neurotransmetteur accélère le cœur, augmente la tension artérielle pour que tous les muscles soient bien irrigués, comme notre cerveau et dilate nos bronches pour assurer la meilleure oxygénation. Voilà comment l’activité sportive, raisonnable selon l’âge, stimule imagination et créativité.

La diminution de la fabrication d’adrénaline diminue l’acquisition des connaissances.

3L’Acétylcholine (de acétyle et choline) fut le premier (1921) neurotransmetteur identifié pour son rôle inhibiteur sur l’activité cardiaque, agissant au niveau du système nerveux autonome (non volontaire donc végétatif, telle la contraction des ventricules du cœur). 

Elle est nécessaire à la mémorisation et à l’apprentissage. Au niveau de la jonction entre les nerfs et les muscles l’acétylcholine a un effet excitateur et au sein du système nerveux central, elle active donc le muscle squelettique sous l’impulsion de la volonté.

Dans l’alimentation la choline est dans les œufs (50g en contient 125 mg), le foie des animaux (autour de 300 mg/100 g), la viande et le poisson (de 70 mg à 100 mg/100 g), les légumineuses cuites al dente et les noix (autour de 40 mg/100 g)

4– La Sérotonine identifiée en 1946 par un pharmacologue italien sous le nom d’”Entéramine” car active au niveau du tube digestif. En 1948 un américain de Cleveland s’aperçoit qu’une substance particulière joue un rôle dans la coagulation du sang. Il la nomme ”Sérotonine” en contractant le mot ”sérum” et ” tonique” du fait de son action sur les vaisseaux.

Son précurseur chimique est un acide aminé essentiel, le Tryptophane que l’on trouve en particulier dans la Gelée Royale à consommer par cure de 10 à 15 jours, à raison de 0,5 à 1g par jour en la laissant absorber sous la langue.

Un pour cent de la Sérotonine est fabriquée par votre cerveau, et 95% dans votre tube digestif jouant un rôle essentiel pour la motricité intestinale.

La Sérotonine est aussi nécessaire pour bien dormir reposant notre cerveau. Elle est sécrétée dans le tronc cérébral, centre de nombreuses activités vitales, dans la moelle épinière, et même au niveau des neurones du tube digestif. Elle est donc nécessaire à la régulation du cycle veille-sommeil et dans divers désordres psychologiques : le stress, l’anxiété, phobies et dépression.

Elle joue aussi un rôle important dans la régulation de notre température corporelle, dans les comportements alimentaires et sexuels, le cycle veille -sommeil, l’exacerbation de certaines douleurs.. 

La sérotonine de la mère est nécessaire au développement de l’embryon. Un déséquilibre de sérotonine expliquerait 50 % des morts subites du nourrisson.

Sérotonine et Dopamine semblent impliquées dans certaines formes de dépressions, y compris suicidaires et dans la genèse de comportements agressifs.

Chez l’adulte, le faible fonctionnement sérotonergique est nettement associé à une agressivité augmentée, démontrant que le sommeil est un excellent régulateur des émotions, mais les études sur les enfants semblent plus contradictoires, car les influences de la vie quotidienne ont plus d’impact que sur les adultes.

Certains aliments contiennent de la Sérotonine : la banane, les viandes blanches, le lait maternel dans la protéine spécifique nommée l’alpha-lactalbumine. C’est le précurseur de la sérotonine, le tryptophane qui passe la barrière sang-cerveau.

Il faut donc manger des aliments riches en tryptophane, son précurseur. On en trouve notamment dans l’avocat, le fromage, le poulet, le canard, les flocons d’avoine, le gibier.

Il y a même compétition entre cet acide aminé essentiel qu’est le trytophane et d’autres acides aminés essentiels qui peuvent se transformer en sucres du fait de cuissons trop longues et à trop forte température (leucine, valine, isoleucine.. acides aminés que l’on appelle ”gluco-formateurs”) qui peuvent conduire au diabète de type III qu’est l’Alzheimer.

Enfin l’activité physique régulière et adaptée à l’âge augmente la sécrétion naturelle de sérotonine, qui permet par une saine fatigue de s’endormir paisiblement en fin de journée. 

La Sérotonine est enfin le précurseur de la Mélatonine, laquelle n’est pas l’hormone du sommeil contrairement à ce qui a été longtemps affirmé. Elle est surtout un anti-oxydant, un ”réparateur” des neurones, préparant au sommeil. Elle n’est qu’un chaînon conduisant à la formation de la véritable hormone du sommeil, la Valentonine, découverte récemment par mon collègue de professeur Jean-Bernard Fourtillan. 

L’exposition à la lumière (des travailleurs de la nuit) évite la transformation de la sérotonine en mélatonine et valentonine, inversant logiquement le cycle veille-sommeil.

5– L’Histamine est un neurotransmetteur qui appartient au système immunitaire donc fabriquée par le système nerveux digestif ou extradigestif (cerveau, cortex et noyaux gris centraux, bronches, peau..) face aux allergies de toute origine : alimentaires, respiratoires, cutanées..

Selon son niveau d’action l’histamine provoque une réponse immunitaire, telle une sécrétion de suc gastrique et donc d’acide chlorhydrique, une dilatation des petits vaisseaux, une contraction des bronches grandes et petites, une accélération du rythme cardiaque (tachycardie).., un relâchement des contractions de l’utérus. Elle est en outre responsable des réactions au niveau de la peau, le prurit ou démangeaison.

En cas de libération massive d’histamine, ces effets sont généralisés avec une chute tensionnelle importante que l’on observe dans le syndrome de l’œdème de Quincke.

L’histamine est aussi fabriquée par les globules blancs, dits éosinophiles en cas d’allergie où qu’elle soit dans le corps.

Les neurones s’en servent pour le contrôle de l’éveil, en libérant le calcium intracellulaire suite à une impulsion nerveuse.

L’histamine est présente dans certains aliments en quantité excessive et peut créer une intoxication avec un syndrome pseudo-allergique d’origine alimentaire qui crée en plus une réaction ”histaminergique”.

  • Les aliments les plus connus sont : le chocolat, certains fromages, des poissons marinés, des gibiers faisandés, des aliments fermentés.. et aussi les intoxications alimentaires dues à la conversion de l’histidine en histamine dans des denrées alimentaires décomposées par des microbes.
  • Les symptômes apparaissent en quelques minutes à quelques heures et disparaissent de la même façon. Les plus connus sont la rougeur faciale, l’éruption cutanée, l’œdème du visage, les bouffées de chaleur, des démangeaisons, une sensation de brulure dans la gorge. S’y associent mal à la tête, palpitations cardiaques, étourdissements, nausées, vomissements et diarrhée.

– Le Glutamate : forme ionisée de l’acide glutamique, est le neurotransmetteur excitateur le plus important du système nerveux central ou son inhibiteur.

– Le GABA ou acide γ-aminobutyrique, inhibiteur du précédent, a un rôle neurotrophique, c’est dire qu’il favorise la croissance de certains neurones…Un déséquilibre entre glutamate et GABA est impliqué dans l’épilepsie ou l’ischémie cérébrale qui réduit la vascularisation cérébrale.

On trouve l’acide glutamique dans les amandes, l’avoine complet, la banane, le blé complet, le brocoli, les noix, les lentilles, le son de riz, le flétan..

Cette présentation des neurotransmetteurs démontre l’importance à leurs origines des acides aminés : la tyrosine précurseur de la dopamine et de l’adrénaline, le tryptophane précurseur de la sérotonine, l’histidine de l’histamine, l’acide glutamique du glutamate et du Gaba.

L’acétylcholine est le seul neurotransmetteur non fabriqué à partir d’un acide aminé (constituant de base des protéines). Il est fabriqué à partir d’une substance de l’alimentation, la choline, et de la forme active de l’acide pantothénique (vitamine B5). On trouve cette vitamine en grande quantité dans la gelée royale qu’il faudrait prescrire à toutes les personnes âgées.

Bien cordialement

Professeur Henri Joyeux

Je suis abonnée à la lettre du Pr Henri Joyeux et depuis je comprends mieux comment je dois m’alimenter et me comporter (activité physique) pour être en bonne santé. Surtout, maintenant que le soleil a pointé son nez, c’est plus facile d’aller se promener. 🙂

Claudia

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2 réflexions sur “7 neurotransmetteurs essentiels

  1. Nous ne sommes hélas pas égaux en matière de « production » de ces neurotransmetteurs ? Comme on dit « il faut que le courant passe » et souvent notre mode de vie alimentation et comportement empêche la bonne circulation de cette « chimie » interne !

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    • Pierre, nous avons un rôle important à jouer vis à vis de notre alimentation. Quand j’entends les chiffres sur l’obésité en France, je suis très inquiète. C’est de notre devoir d’éduquer les autres contre la mal bouffe. ET ce n’est pas une question d’argent, mais bien une question d’éducation 🙂

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